Une mère désespérée écrit aux agents du cadastre colonial pour leur exprimer sa rage de s’être faite berner par eux. La voix de sa fille raconte en contrepoint la même histoire, vue de son point de vue d’enfant.
Dans cette adaptation croisée d’« Un Barrage Contre le Pacifique » et de « l’Amant », la comédienne Anne Buffet, interprétant tour à tour la mère et la fille, se confronte à l’écriture puissante de Marguerite Duras, aux confins de la rage et de la folie.
Le piano de Marie Duprat rejoue le répertoire du musicien argentin Carlos d’Alessio composé pour les films de Duras, notamment India Song, répertoire plein de nonchalance et de nostalgie : tangos, rumbas, charlestons et valses accompagnent de manière décalée cet échange en forme de contrepoint, qui tient autant du règlement de compte que du combat existentiel.
Le titre “L’Amer”, en plus de son homonymie caractéristique, fait référence aux constructions et bâtiments qui, de la côte, servent de points de repère aux bateaux.




