« Timidement, rêveusement... »

Performance musicale et graphique inspirée du
Territoire du crayon de Robert Walser

Pour moi, à l’aide du crayon, je pouvais mieux jouer, composer. Il me semblait que le plaisir d’écrire pouvait alors reprendre vie. 

Robert Walser a écrit ses Microgrammes dans le silence et le secret, enfermé dans un asile psychiatrique en Suisse pendant les vingt dernières années de sa vie. Une œuvre en miniature où l’on trouve des considérations en vrac, mais aussi des romans entiers comme Le Brigand, ou des poésies. Ce sont ces poésies que voudraient explorer Pierre Constantin au dessin et Marie Duprat au piano, ces poésies qui ont valeur de secrets autant que de révélations, un peu comme des haïkus.

Il y a une similarité entre le travail de la main au piano, celui du dessin et celui du poète « copiste », comme aimait à se définir Robert Walser. Un certain rapport à la technique et au geste lui-même, lorsqu’il se fait parole, geste dont il disait que, lorsqu’il est trop travaillé, il devient un obstacle à la beauté de l’œuvre. Et une sorte de retour à l’enfance dans cette quête et cette fuite de la perfection qui le poussaient, et nous avec lui, à toujours tout recommencer de zéro pour écrire et composer différemment, pour « batifoler », comme il le disait lui-même, de la pointe de son crayon qui rend tout possible : l’erreur comme le surgissement.

Le spectacle, qui est plutôt à imaginer comme une performance musicale et graphique, s’articulera autour des textes de Robert Walser enregistrés par différent-es acteur-ices et diffusés sur scène sous forme de bande sonore.

Un travail sur le surgissement et sur l’enfouissement autant des mots, des traits, que des sons, Marie Duprat faisant le choix pour ses compositions instantanées de jouer sur un piano “préparé”, permettant un jeu sur les timbres “dits” et/ou “assour-dits”.