Fiora Blasi
On sait que ce métier est fait de rencontres.
Certaines comptent plus que d’autres.
Avec Fiora, nous avons fait deux spectacles : le « Cabaret hypocondriaque », et « Never mind the words, 7 épisodes sur Charlie Chaplin et Buster Keaton ». Elle était Keaton, et j’étais Chaplin. Nous mettions en scène la rivalité de ces deux grands artistes, faite d’admiration et de respect de chacun pour l’art de l’autre, et tout en parlant d’eux, nous parlions de nous.
Dans la vie de chacun, il y a des zones d’ombres, des trous noirs. Nos oeuvres les reflètent, et parfois elle en deviennent difficiles à défendre. Ce spectacle a été un spectacle impossible : impossible à commencer, impossible à finir, impossible à réaliser pour de multiples raisons dont la première était sans doute qu’il était beaucoup, beaucoup trop ambitieux.
Et pourtant, à force de travailler dessus pendant des années, il finit par faire partie de votre vie, et on l’aime malgré soi, malgré lui.
Et puis nous avons ri beaucoup, échangé beaucoup.
Nous l’avons joué en Italie (le scénario était bilingue), et en France, dans des lieux plus ou moins associatifs, sauf quelques représentations au Théâtre de l’Europe, à Colmar, grâce au courage de Joëlle Jurkiewicz, qui le programmait à l’époque.
Aujourd’hui, Fiora est devenue poète.






























Paul van der Eerden, Untitled, 1997. 29,7 × 21 cm, Dordrecht
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